Etoiles Dolce Gaboma - Manouchka Kelly Labouba

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Biographie

C'est dès sa plus tendre enfance que Manouchka Kelly Labouba nourrit sa passion pour le cinéma, habituée par sa mère dès l'âge de 5 ans à louer des films au vidéo-club. Elle deviendra une cinéphile assidue au fil des années au point qu'à l'âge de 12 ans, elle décidera de devenir réalisatrice. En 2001, baccalauréat en poche, Manouchka s'envole pour la France où elle poursuit des études en cinéma à l'Université Michel de Montaigne de Bordeaux. Elle y valide un Master de Recherche en Etudes Cinématographiques et Audiovisuelles et en 2004, elle remporte le Second Prix Catégorie "Université" lors du 4ème Festival National du Film Scolaire et Universitaire de Chartres avec son premier court-métrage étudiant "Bouchées d'Amours". En 2005, elle décroche une bourse d’échange pour poursuivre sa recherche de Master aux Etats-Unis au sein de l’University of California Santa Barbara (UCSB).

Au cours de l’été 2007, Manouchka rentre au Gabon, où elle se rapproche de Charles Mensah, ex-DG du Centre National du Cinéma (CENACI) et intègre quelques plateaux en tant que stagiaire à la réalisation, notamment sur la série TV "Les Années Ecoles". En parallèle, elle assiste aussi Gerald Ogee Gyimah (réalisateur pour EBEN Entertainment) en particulier sur le tournage de "Tu n'as rien compris" de Kôba feat. Baponga & Vanessa/Dee Lay. Progressivement, elle gagne en expérience et commence à réaliser ses propres projets dès l'année 2008, qui s'avère aussi être très productive. Manouchka fait ses débuts dans la cour des grands avec le documentaire “Michel Ndaot : entre ombres et lumières”, portrait du célèbre metteur en scène de théâtre comptant pour la collection documentaire "Talents du Gabon" : film présenté au festival Vues d’Afrique de Montréal, au festival International du film d'Amiens, et au festival Escales Documentaires de Libreville. Elle co-produit et co-réalise en collaboration avec Fernand Lepoko, la série de mini-fiction "Les Choses du Pays".

En Juin 2008 à l’âge de 24 ans, Manouchka devient non seulement la première femme à réaliser une fiction cinématographique avec "Le Divorce", mais également le plus jeune réalisateur de l’histoire du Gabon. Elle est sélectionnée la même année au festival "Escales Documentaires" de Libreville et en même temps à la sélection officielle des Journées Cinématographiques de Carthage 2008, au Fespaco à Ouagadougou en 2009, au festival Ecrans Noirs de Yaoundé en 2009 (où il remporte le prix de la meilleure première œuvre) et au World Music & Independent Film festival à Washington DC en 2012. En 2009, elle fonde "MBOYI Production" avec laquelle elle produit des projets tels que le court métrage "Le Menteur et le voleur" et "Thriller by Michael Anicet", mais aussi ceux de jeunes réalisateurs gabonais ("Ah ! Les Femmes" d'Ibris Nziengui et "Gabonitudes, c'est ça même !" de Jump Yemba) et s'essayera aussi à la production musicale en produisant le premier maxi single de Joelevan's intitulé "Ma Dzing Wa".

En 2010, elle crée et organise à Libreville 2 éditions du concept de "La Nuit du Court-Métrage Gabonais", un mini-festival d’un soir mettant à l’honneur le court-métrage gabonais. Parallèlement à tout cela, de 2007 à 2010, Manouchka exerce en tant que coordinatrice des projets à SLOGF Pictures où elle collabore avec divers réalisateurs tels que Henri-Joseph Koumba Bididi, Vincent Mbindzou, MarcelSandja ou Saturnin Ayenouet et en Juin 2010, elle décide de reprendre ses études en cinémaet intègre la prestigieuse School of Cinematic Artsde l’University of Southern California (USC), pour un deuxième Master et un PhD (doctorat américain) en Critical Studies. A USC, entre 2011-2012, elle participe aux tournages de plusieurs projets étudiants, réalise et produit aussi trois courts-métrages parmi lesquels "The ATM", qui est sélectionné en compétition officielle au festival Ecrans Noirs de Yaoundé en 2011. Elle a eu la fierté et l'honneur de porter le drapeau et de représenter le pays lors de la cérémonie d'investiture du président de l'université. Toujours pleine d'ambitions, Manouchka Kelly Labouba rêve désormais de poursuivre une double carrière en tant que cinéaste et universitaire, spécialisée dans le cinéma africain. Elle a déjà publié des articles, et des études dans des revues universitaires telles que "Spectator”, “The Journal Of African Cinemas" ou "he Diaspora". Guidée par sa passion, elle laisse son destin suivre son cours, tout en essayant de saisir toutes les opportunités qui se présentent devant elle.


Interview

1.    Qu’est ce tu aimes le plus chez les gabonais ?

Le Kongossa !!!

Je dis souvent : "Pour ma santé, mon docteur me prescris 3 doses de Kongossa par jour : 1 petite au petit-déjeuner, 1 grosse au déjeuner et 1 grosse au souper... C’est bon pour ma santé".

Toutefois, seul le "bon" Kongossa est acceptable. Le bon Kongossa c’est celui qui fait rire et qui alimente la conversation. Le "mauvais" Kongossa, c’est celui des "crimadors" (Critiquer Manger Dormir), des OVC (On Vous Connaît) qui mentent effrontément, médisent, et racontent des sornettes uniquement pour jouer les intéressants. Par exemple, les politiciens gabonais (tous bords confondus) s’illustrent très souvent dans le mauvais Kongossa. C’est dommage parce qu’on n’a vraiment pas besoin de ça venant de leur part.

2.    Quelle est la personnalité (artiste, sportif, homme politique etc…) gabonaise que  tu aimerais rencontrer ?

J’aurais aimé rencontrer le Capitaine Ntchoréré pour lui demander de ne pas aller au front pour défendre d’autres couleurs que les siennes, surtout pas celles du colonisateur. C’était un engagé volontaire lors de la Seconde Guerre mondiale, le choix lui appartenait. Je lui aurais donc demandé de le reconsidérer.

Chez les artistes, Movaizhaleine reste mon modèle à suivre. Leur parcours est exceptionnel, et leur intégrité est exemplaire. J’étais trop fière quand ils ont enregistré avec R. Kelly récemment.

3.    Quel est ton meilleur souvenir d’enfance?

Regarder des films toute la journée, jouer avec mes LEGO et lire mes BD (Picsou Magazine et Super Picsou Géant). Quel bonheur !

4.    Quel est ton plat culinaire gabonais préféré ?

Bananes Aloko (ou comme je préfère les appeler « les beignets de bananes »). J’en raffole avec tout, en particulier avec du poulet fumé à la sauce tomate.
  
5.    Quel est le mot en langue vernaculaire gabonaise que tu trouves le plus beau ?

« Antchia’ ma ? » ("Quelles sont les nouvelles ?" en Obamba). Ce n’est sans doute pas le mot le plus beau mot, mais c’est le mot que j’utilise le plus dans mon dialecte. Je dois avouer que je bricole pas mal dans ma langue maternelle, donc mon vocabulaire est plutôt limité.

Sinon un autre mot que j’affectionne c’est "Gaboma" et je me demande d’ailleurs si ça vient d’un dialecte en particulier ou bien si c’est juste un "gabonisme" ?

6.    Quel est l’endroit au Gabon que tu as visité et qui ta accroché ?

Les plus beaux paysages que j’ai vus au Gabon étaient ceux du Canyon de Léconi, le pont de lianes aux chutes de Poubara, la réserve de la Lopé, et le littoral de Port-Gentil.

7.    Si on te donnait le pouvoir de décision et d’action, qu’apporterais tu de plus au Gabon ou a Gabonais ?

L’Indépendance, la vraie : Sur les plans politique, économique, éducationnel et culturel.

8.    Quel meilleur souvenir gardes-tu de ta carrière ?

La 2ème édition de la Nuit du Court-Métrage que j’ai organisée pour SLOGF Pictures à Libreville en Avril 2010. On me disait : "Le public gabonais n’aime pas aller au cinéma. Le public gabonais n’aime pas payer pour voir les films. Le public gabonais aime le désordre. Tu te fatigues pour rien. Si tu fais ton entrée à 2.000 FCFA, seuls les boucaniers viendront…". Et pourtant on a fait s’asseoir côte à côte, dans la même salle les gens des matitis et des pivots avec les gens des beaux quartiers.

Le public a répondu présent. Notre organisation était nickel. Il n’y a pas eu de problème et tout le monde était ravi. Le plus beau compliment que j’ai reçu à cette occasion fut celui-ci : "Ce sont des initiatives comme celles-là, organisées de la sorte, qui nous rendent fièrs d’être Gabonais !".

C’est la meilleure récompense que j’ai reçu de toute ma carrière parce que ma récompense personnelle venait après celle du public. C’est ça qui me motive.

9.    Qu’est ce que tu penses du site Dolce Gaboma ? Quelle est la rubrique que tu apprécies le plus ?

J’adore. Pour les Gabonais de la diaspora tout particulièrement, je pense que c’est un précieux bijou pour rester connecté avec le bled. Continuez comme ça, on vous soutient. On est ensemble ! 

 


Contact – Liens externes

·         Profil Dolce Gaboma

·         Court métrage "Le divorce" (Qu'elle a réalisée)

·         Clip "Thriller" de Micheal Anicet (Qu'elle a réalisée)

·         Mini-Série "Les choses du pays" (Qu'elle a co-produite)

·         Série "Les années écoles" (Sur laquelle elle a travaillé)

·         Clip "Rien compris" (Sur lequel elle a travaillé)

 

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